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15.12.2008 Les CLP : les « sans-papiers » de la presse écrite !

Auditionnée le mercredi 11 décembre à Paris, par la commission chargée de travailler sur « l’avenir des métiers du journalisme », dirigée par Bruno Frappat, la délégation de l’AICP a présenté un tableau du quotidien d’un CLP, puis s’est ensuivi un débat.

La délégation de l’AICP composée de Nathalie Duru (Présidente), Raymond Anceau (vice-président) et Evelyne Grosbois (secrétaire), venant de deux régions différentes s’était donnée rendez-vous à la sortie du métro Solferino, ce qui fut fait.

Tous les trois nous sommes allés tranquillement vers la rue Saint-Dominique où nous avions rendez-vous au N° 35, qui n’est autre qu’une annexe des services du Premier Ministre.

Nous avons été très bien accueillis et avons été auditionnés (avec un peu de retard) pendant près d’une heure, par les membres de la commission Frappat (Métiers du journalisme) et les quatorze membres présents. Après lecture d’un texte présentant les 30 000 CLP de France et de Navarre, et leurs difficultés, nous avons obtenu le soutien précieux d’ Alain Girard (secrétaire général du SNJ), nous avons répondu aux nombreuses questions de Bruno Frappat, Charles-Henri Dubail (éditeur), Ivan Levaï (France-Inter), Claude Sales (ex rédac chef au Monde, au Point, à France-Soir), Elisabeth Marshall (rédac chef la Vie) et Gérard Lignac (PDG Est Républicain, groupe EBRA).

Nous avons été écoutés, avons eu le sentiment d’être entendus, de leur avoir appris beaucoup de choses et surtout de les avoir « réveillés » sur notre situation.

Intervention d’Alain Girard : la loi de 1993 permet un « formidable détournement des textes ». Pour lui si un CLP exerce la correspondance à titre d’activité principale, il est alors journaliste. Il souhaite que soit proposé aux CLP d’accéder à un statut mais pas de proposer un sous-statut.

Les deux problèmes des statuts du CLP : un problème d’ordre social (juridique et droit) et pose la question de la qualité de l’information puisque les CLP n’ont pas accès à la formation.

Pour conclure, il pose la question suivante : « Comment la commission de Bruno Frappat pourrait-elle intervenir ? »

Intervention d’Yvan Levaï

Il a qualifié les CLP de « sans papiers de la tour d’argent».

Intervention Gérard Lignac : Le patron du groupe EBRA (groupe de l’Est Républicain avec ses 2 000 CLP) a  reconnu « du bout des lèvres » qu’il pouvait y avoir « des abus »dans l’emploi des CLP.

Questions en vrac : comment est « embauché » un CLP, la rémunération, le nombre d’articles écrits par mois, le temps passé, le nombre de lignes en moyenne d’un article, le nombre de CLP embauchés comme journaliste, Internet, comment est traité un « scoop » transmis par un CLP (est-il payé ?), le rapport des CLP avec les lecteurs, la non-signature des articles et des photos (ce qui pose problème pour revendiquer un quelconque droit d’auteur !), les relations entre les journalistes et les CLP…

Nous pensons humblement que cette audition aura au moins servi à faire connaître au « monde de la presse écrite », ce qu’est un CLP, son rôle indispensable (et reconnu par toutes les personnes présentes).  Nous n’avons pas la prétention d’avoir fait évoluer notre situation en un coup de baguette magique. Mais désormais, les groupes de presse vont devoir compter avec nous !!!!

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